Unilever annonce une baisse de bénéfice en raison du retrait russe et restructuration

Unilever annonce une baisse de 11 % de son bénéfice net, impactée par son retrait de Russie, tout en affichant une légère hausse de son chiffre d'affaires.

Le 13 février, Unilever, le conglomérat britannique connu pour ses activités dans les secteurs de l’hygiène, de la beauté et de l’alimentation, a révélé que son bénéfice net attribuable aux actionnaires avait chuté de 11 %, s’élevant à 5,7 milliards d’euros (environ 5,9 milliards de dollars américains). Cette contraction des bénéfices s’explique essentiellement par les pertes engendrées par son retrait du marché russe, ainsi que par les frais liés à son processus de restructuration.

Performances Encourageantes

Cependant, tout n’est pas sombre pour le géant britannique. En effet, son chiffre d’affaires sous-jacent a enregistré une progression de 6,5 % sur une base de valeur, tandis que les volumes ont également grimpé de 5,1 %. La division Beauty & Wellbeing a particulièrement brillé, affichant une performance robuste. De plus, l’unité Personal Care a connu une augmentation de 5,2 %, alimentée par une forte demande pour les déodorants, entraînant une hausse de 3,1 % des volumes.

Un an après avoir lancé une stratégie visant à revitaliser ses performances, Unilever a annoncé en octobre qu’elle cédait ses actifs en Russie au groupe Arnest, un acteur dominant sur le marché de la cosmétique locale. Malgré ces défis, le chiffre d’affaires global de la société a légèrement progressé de près de 2 %, atteignant 60,8 milliards d’euros l’année passée.

Optimisation et Restructuration

La société a également noté une amélioration de sa marge brute, en dévoilant un programme de rachat d’actions d’une valeur de 1,5 milliard d’euros, tout en augmentant son dividende. Toutefois, les perspectives pour 2024 pointent vers un ralentissement de la croissance du marché, avec des prévisions similaires attendues au début de 2025, suivies possiblement d’un rebond.

Hein Schumacher, le directeur général, a exprimé sa satisfaction quant à cette année charnière pour Unilever. Il a mis en avant les efforts déployés pour transformer l’entreprise en une entité plus performante. Sous la pression de l’investisseur activiste Nelson Peltz, Schumacher avait précédemment dévoilé une stratégie axée sur une trentaine de marques phares, qui représentent 70 % des revenus globaux du groupe.

Conséquences des Décisions Stratégiques

En mars, Unilever avait aussi mentionné son intention de scinder sa division des glaces, qui regroupe des marques emblématiques telles que Ben & Jerry’s et Magnum. Dans le cadre d’un programme de réduction des coûts, la société prévoit de supprimer environ 7 500 postes, ce qui représente près de 6 % de son effectif total.

Bien que l’entreprise anticipe un début d’année 2025 plutôt modeste, Russ Mould, analyste chez AJ Bell, a souligné qu’Unilever parvenait à accroître ses volumes de vente, sa marge et ses flux de trésorerie. Cela pourrait indiquer une reprise après des temps difficiles. Mould a également noté que, malgré les progrès réalisés dans le plan de transformation, les frais de restructuration avaient grimpé à 850 millions d’euros, soit 1,4 % des revenus du groupe pour 2024.

Concernant les ventes d’actifs, Unilever a subi une perte cumulative de plus de 400 millions d’euros l’année dernière, conséquence non seulement de son retrait de la Russie, mais également de la vente d’Elida Beauty et de deux autres filiales spécialisées dans la purification de l’eau. La séparation de sa division des glaces devrait être finalisée d’ici la fin de 2025, l’objectif étant d’établir la nouvelle entité à Amsterdam tout en prévoyant une cotation séparée à Amsterdam, Londres et New York.

Lors d’une récente conférence auprès des investisseurs, le PDG a précisé que la cotation principale se ferait à Amsterdam, ce qui soulève des inquiétudes dans la presse britannique sur l’attractivité de la Bourse de Londres depuis le Brexit.

Source: Premiumbeautynews